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Communication militaire et journalisme en temps de conflit

2013/10/04

La communication militaire par temps de conflit. Images propres, guerres sales. Ph. Leymarie, journaliste (Monde diplomatique, octobre 2013, p. 18-19)

L’article revient sur la tension entre les logiques militaires et informationnelles. D’un côté l’armée sécurise le terrain et tente d’orienter les informations, de l’autre côté les journalistes négocient leur marge d’autonomie en zone de conflit où il est de plus en plus risqué de “changer de camp” pour travailler. Ainsi les conflits armés asymétriques le sont aussi en termes d’images.

Début 2013 lors de la guerre engagée au Mali, très peu d’images ont été rapportées par les journalistes en raison de l’absence de lieux physiques de combat, de prisonniers ou de cadavres de « djihadistes ». Mis en causes : l’armée trop frileuse, mais aussi les jeunes journalistes peu au fait des techniques militaires et des réalités africaines selon le directeur de la délégation à l’information (Dicod).

« ces néophytes attendaient « de la bagarre, des flammes, des explosions », mais on a pu leur offrir que de la logistique. La guerre asymétrique est une guerre à distance, peu visuelle »

Les impératifs communicationnels sont aussi à l’origine de la mise en avant des soldats maliens (et de leurs drapeaux) alors que ces derniers ont un rôle subalterne d’un point de vue stratégique.
Côté images, ce sont finalement les cameramen de l’armée qui ont été les plus productifs, laissant une partie des contenus libres de droits pour la presse.

Mali-gao

Le papier revient également sur la capture des journalistes Ghesquière-Taponier (29 décembre 2009, Afghanistan) qui a laissé des traces dans les relations entre armée et reporters.
« La communication opérationnelle, qui est par définition une communication de crise, impose une série de conditions », conditions qui sont au cœur de négociations permanentes en fonction des objectifs de chaque partie.

Enfin le travail de communication précède et accompagne les combats, notamment via les officines de propagande qui préparent les esprits avec diverses techniques d’influence (argumentaires, ciblage de « journalistes amis », fausses informations*, etc.). Pendant le temps des combats l’orchestration de la communication vise à démoraliser le camp adverse.

* des extraits d’anciens articles rappellent des précédents : faux charnier de Timisoara 1989, couveuses débranchées en Irak 1990, opération Kosovo 1999, opération israélienne « Plomb durci » 2008

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From → Divers

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